#QE : inondations, vite la planification écologique !

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Les tempêtes Nils, Goretti, Ingrid et Pedro, suivi de 40 jours de pluie ont fait des dégâts considérables, près de 300 communes viennent d’être reconnues en état de catastrophe naturelle suite aux inondations. Ces phénomènes météorologiques d’ampleur sont de plus en plus fréquents et violents. Il est urgent d’engager des politiques de planification écologique. J’interroge le Gouvernement.

La question

« Le dérèglement climatique s’exprime notamment par des inondations plus fréquentes et plus violentes. Il s’agit d’une menace internationale, mais notre pays se retrouve en première ligne : les tempêtes Nils, Goretti, Ingrid et Pedro s’ajoutent à quarante jours de pluie ininterrompue dans certaines zones pour créer des crues généralisées. Ces phénomènes constituent un point culminant, après les coulées de boue du Var au Midi-Pyrénées fin novembre 2014, la crue du littoral ouest des Alpes Maritimes en octobre 2015, la tempête sur les bassins de la Seine et de la Loire au printemps 2016 ou encore les crues dans le Pas-de-Calais à l’hiver 2023-2024.
Dites « naturelles », ces catastrophes sont en réalité causées par l’action humaine via le réchauffement climatique et voient leurs effets décuplés par l’aménagement capitaliste du territoire. Si des populations ont toujours été exposées aux crues, en bord de cours d’eau ou sur des espaces traditionnellement menacés, comme dans les 124 territoires à risque important d’inondation, ces catastrophes représentent notre avenir proche. En témoigne la hausse des tarifs d’assurance, face au déficit croissant de l’indemnisation des catastrophes naturelles. Il convient donc de s’organiser pour ne pas abandonner l’urgence aux populations frappées : planifier une réponse publique aux aléas climatiques, qui tourne le dos à des décennies de décisions absurdes et de passivité totale.
Dès août 2021, le rapport du GIEC pointait l’augmentation des fréquences et de l’intensité des précipitations depuis les années 1950. Le réchauffement provoque cinq types de désastre en matière d’inondations : plus nombreuses, plus intenses, plus souvent combinées à d’autres événements extrêmes, accentuées par l’élévation du niveau de la mer sur les côtes et par les températures accrues qui augmentent la vapeur d’eau déversée en inondations pluviales.
Face à ces défis, comment le Gouvernement assurera-t-il la distribution d’informations et de consignes claires aux populations, notamment les moins habituées aux inondations, via les applications dédiés, des systèmes d’alerte universels et les messages publics précis ? Cessera-t-il de se défausser du cofinancement en matière de prévention des risques ou de travaux sur la taxe Gemapi ? Améliorera-t-il la coordination des différents acteurs (Etat, collectivités, entreprises, associations, gestionnaires de réseaux…) autour de plans de gestion de risques ? Donnera-t-il les moyens aux communes de repenser l’espace urbain sans reconstruire sur la base de plans erronés (en promouvant les constructions surélevées, les voies en hauteur, la sécurisation et le découplage des réseaux nécessaires à la vie comme l’énergie, l’eau, les transports ou les déchets…) sans reproduire les erreurs antérieures, en revenant notamment sur les coupes de dotations ? Eloignera-t-il les bâtiments accueillant des populations vulnérables, enfants ou personnes âgées, des zones inondables ? Travaillera-t-il à l’infiltration des eaux, à la fois en végétalisant des zones artificielles, en réintroduisant de la vie dans les sols (deux tonnes de vers de terre par hectare permettent à 360mm de pluie horaire d’entrer sous terre), soit en renouvelant la porosité des sols agricoles incapables d’absorber l’eau en raison de leur surexploitation ? Aménagera-t-il de nouveaux lacs de rétention dans les prochaines années, afin d’accueillir les crues et restituer des eaux manquantes l’été ? Multipliera-t-il les zones humides (plans d’eau, berges, tournières, marais…), qui ne couvrent guère plus que 3% du territoire alors qu’elles jugulent le ruissellement et se gonflent des trop-pleins d’eau ? Financera-t-il de nouvelles capacités de prévision météorologiques, notamment via observations radar (donc une souveraineté satellite) et la modélisation subséquente anticipant les déplacements liquides ? Ouvrira-t-il de nouvelles formations professionnelles, technologiques et universitaires en hydrologie régénérative, pour reconstituer des espaces et des sols protecteurs face aux crues ? »

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