« Le « grand remplacement » des princesses blondes par des jeunes filles méditerranéennes serait-il la limite à ne pas franchir pour l’administration versaillaise du ministère » ? s’interroge le dessinateur Jul
Le ministère de l’Education nationale avait choisi l’adaptation de La Belle et la Bête, version modernisée par le dessinateur Jul, pour son opération « un livre pour les vacances ». Après avoir commandé 900 000 exemplaires destinés à être offerts à tous les élèves de CM2 du pays, Elisabeth Borne a tout simplement décidé de le censurer. L’ouvrage ne serait « pas adapté » au public visé selon la ministre… qui soutient en réalité une offensive réactionnaire. Censurer des ouvrages est chose commune pour les gouvernements d’extrême droite, j’interroge Elisabeth Borne, prend-t-elle exemple sur Donald Trump ou Viktor Orban ?
La question
« M. Hadrien Clouet appelle l’attention de Mme la ministre d’État, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la mise à l’index inédite d’un conte pour enfants. 900 000 exemplaires annulés de « La Belle et la Bête » illustrée par Jul : la plus grande affaire de censure jamais observée au XXIe siècle touche la littérature jeunesse. Cet ouvrage avait été retenu par l’État, pour être redistribué aux enfants de CM2 dans le cadre de l’opération « Un livre pour les vacances ». Cette version modernisée du conte, à partir de l’édition 1756 de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, est subitement interdite par l’éducation nationale à la veille de son impression, alors que les épreuves sont bouclées – et qu Mme la ministre y a apposé une préface, qu’elle désavoue donc elle-même. Le prétexte ? L’ouvrage empêcherait la « lecture en autonomie adaptée à des enfants de 10 à 11 ans », soit le CM2. En réalité, il s’agit d’une offensive réactionnaire pilotée par la directrice générale de l’enseignement scolaire, adoubée par la ministre de l’éducation nationale. Ce qui les choque ? Des personnages de toute origine et très heureux de l’être, des jeunes filles racisées, une héroïne qui écoute du rap à côté du clavecin, qui porte un jogging au lieu d’une robe rose, qui utilise les réseaux et les applications numériques, bref, la nouvelle France d’aujourd’hui. Aussi, dans un souci de pédagogie des masses, il lui demande si elle prend ainsi exemple sur Donald Trump ou sur Viktor Orban. »


Laisser un commentaire