#QE : littérature antisémite en france

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Aujourd’hui en France, une trentaine d’officines d’extrême droite diffusent des ouvrages et des revues véhiculant des thèses antisémites. Plusieurs « maisons d’édition » impriment et distribuent des livres appelant à la discrimination, à la haine, à la violence ou à l’extermination de nos compatriotes juives et juifs. Pourtant, les politiques publiques de lutte contre l’antisémitisme ignorent largement la littérature en circulation dans le pays. Dans cette question écrite adressée au ministre de l’Intérieur, je demande la mise en place d’un plan d’action pour mettre fin à la production et à la distribution de ce type d’ouvrage, ainsi que la dissolution des groupes d’extrême droite qui animent ces réseaux de vente.

Nota bene : les noms des maisons d’édition d’extrême droite que je dénonce ont été censurés au Journal officiel pour « mise en cause personnelle ». Voici donc ma question écrite dans sa version initiale, non censurée.

La question

« M. Hadrien Clouet alerte M. le ministre de l’Intérieur sur l’accessibilité inquiétante de la littérature antisémite en France, soit plusieurs milliers d’ouvrages imprimés, distribués et vendus par une trentaine d’officines d’extrême droite repeintes en maisons d’édition. Ces officines mettent ainsi en circulation des ouvrages ou des revues appelant à la discrimination, à la haine, à la violence ou à l’extermination de nos compatriotes Juives et Juifs.
Diffusant ces écrits, sans lien avec le monde universitaire et sans aucun avertissement critique ces éditions poursuivent un objectif politique clair. Elles s’inscrivent en effet soit dans une tradition catholique traditionnaliste, soit dans une optique ultranationaliste, soit dans une perspective néonazie, qui ont toutes les trois des relais dans les mouvances d’extrême droite contemporaines. Leurs réseaux de diffusion contournent naturellement les institutions publiques et les obligations de dépôt légal. Souvent imprimés à la demande, les ouvrages sont adressés à la clientèle antisémite par voie dématérialisée ou postale, Amazon jouant un rôle décisif à cet égard, puisque son algorithme propose d’office ce type de lectures. Le pôle catholique intégriste antisémite regroupe le groupe de Chiré (en Vienne), les éditions Saint Rémi (en Gironde), Delacroix (Ille-et-Vilaine), Saint-Agobard (Pyrénées-Atlantiques), Diffusion de la fin des temps (Ille-et-Vilaine), Amis du Christ Roi de France (Bouches-du-Rhône), Saint-Sébastien (en ligne), Reconquista Press (à l’étranger).
Le pôle ultranationaliste et néonazi, fournisseur de publications collaborationnistes, hitlériennes, révisionnistes ou négationnistes, agglomère les éditions Akribeia (Rhône), Lire rend Libre (Seine-Saint-Denis), L’Æncre (Paris), Plein Soleil (Paris), L’Homme libre (Paris), les éditions du Lore (en ligne), Pierre Marteau, Sfinge, The Savoisien & Baglis ou encore Le Tocsin blanc (à l’étranger).
Bien sûr, l’ensemble de ces textes dont la plupart tombent sous le coup de la loi par leur contenu original ou leurs préfaces, sont parrainés par des revues ou des médias, de Rivarol à Radio Courtoisie.
Pourtant, les politiques publiques et les déclarations ministérielles portant sur la lutte contre l’antisémitisme ignorent totalement la littérature en circulation dans notre pays. Et ce, au plus haut niveau, en témoigne la présence à l’Assemblée nationale d’un libraire ayant diffusé plusieurs ouvrages antisémites des éditions susmentionnées. Cette passivité entretient ainsi des réseaux violents de milliers de personnes éduquées à la haine de nos compatriotes Juives et Juifs, réunis autour d’ouvrages contraires à nos principes républicains, sanctionnant les crimes contre l’humanité, leur promotion, la provocation à la haine ou la violence raciale, la discrimination ou l’injure publique ou non publique à caractère raciste ou en fonction de la religion réelle ou supposée.
Aussi M. Hadrien Clouet demande-t-il à M. le ministre de l’Intérieur quel plan d’action il entend déclencher pour mettre fin à la production et à la diffusion d’une littérature totalement illégale car antisémite. Par ailleurs, afin d’éviter sa reproduction incessante, les groupes d’extrême droite qui animent ces réseaux de vente seraient utilement dissous pour des raisons d’ordre public et de respect des principes républicains. »

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