Lundi, le Premier ministre a déclenché l’article 49.3 pour imposer son budget austéritaire (pour la 25ème fois depuis la réélection de Macron en 2022). Une heure plus tard, il déclenchait le même article (pour la 26ème fois donc) sur le financement de la Sécurité sociale. Voilà le résultat après des semaines de simagrées autour de Bayrou à Matignon. Des jours de blabla, d’aller-retour à Matignon, d’articles de presse et de teasing sur les plateaux télé pour gagner quoi ? Des coupes budgétaires, encore et toujours.
Le Premier ministre a joué sur tous les tableaux, draguant l’extrême-droite à grands coups de « submersion migratoire » et de « grand remplacement », promettant aux sociaux-démocrates des « compromis » fumeux pour qu’ils se compromettent… En somme, c’est la méthode Macron : organiser un simulacre de consultation et de « co-construction » pour imposer un programme déjà décidé depuis longtemps.
Nous ne sommes pas dupes. Le budget de l’Etat est le même que celui de Barnier… en pire, car Bayrou ne s’est pas contenté de rayer le nom de son prédécesseur pour y mettre le sien. Il s’agit du budget le plus austéritaire que le pays ait connu depuis 25 ans.
Il prévoit la réduction de 2,5 milliards € dans le budget de l’écologie, de 1,5 milliard € dans le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche, de plus de 200 millions € dans le budget de l’éducation nationale, ainsi que la baisse de l’indemnisation des arrêts maladie des fonctionnaires, l’augmentation du prix de l’électricité pour les particuliers et les entreprises dès cette année.
Si l’on n’accepte pas ce budget, alors il faut censurer le gouvernement. A l’inverse, ne pas voter la censure, c’est se rendre complice de ces coupes budgétaires et leur permettre d’entrer en vigueur. Par rapport au budget Barnier, ce sont 6 milliards en moins ! Soit l’équivalent de 150 000 soignants, pompiers, policiers ou professeurs supprimés.
Il existe pourtant bien des alternatives : le rétablissement de l’impôt sur la fortune, la taxation des superprofits, des superdividendes, du capital improductif et des rachats d’action… en somme, la justice sociale et fiscale. Nous avons porté toutes ces mesures lors du premier examen du budget et elles ont été adoptées. Au total, nous rapportions plus de 60 milliards € de recettes nouvelles à l’Etat, de quoi lancer un grand plan de développement des services publics et de l’industrie.
Pour cette deuxième lecture du budget de l’Etat, l’Assemblée n’a pas eu son mot à dire. Après un passage au Sénat (où toutes les mesures proposées par le Nouveau Front Populaire ont été savamment effacées), le Gouvernement a décidé de sauter la case examen en hémicycle pour passer directement à la commission mixte paritaire (7 députés et 7 sénateurs qui négocient à huis-clos une version du texte qui sera soumise au vote final de l’Assemblée nationale). Ainsi, impossible de déposer des amendements, de créer des recettes nouvelles, d’argumenter publiquement. Petite nuance pour le financement de la Sécu : le texte a bien été examiné en commission des Affaires sociales, mais à cause de la « règle de l’entonnoir » (au fil des passages d’un même texte entre les deux assemblées, le débat se restreint), interdiction de proposer de nouveaux amendements, idem pour les recettes. Ainsi, à nouveau, la seule façon de s’opposer à ces textes, c’est la censure.
François Bayrou tente une opération de chantage, qui n’est pas acceptable. Déjà en novembre dernier, les ministres annonçaient que la censure mettrait les cartes vitale hors service et ferait exploser l’impôt sur le revenu. Bien entendu, c’était faux. Ils tentent d’impressionner les plus impressionnables pour obtenir leur soutien. Mais j’ai un mandat des électrices et des électeurs, qui va dans le sens contraire, et je m’y tiendrai. Personne ne me fera ployer.
Dans ma circonscription, ce gouvernement voyou s’en prend à tous les services publics et aux associations. En supprimant des postes d’enseignants, en ne remplaçants les départs en retraite, Bayrou sème le chaos dans nos écoles. Depuis septembre, j’ai reçu plus de 300 courriels de parents d’élève des écoles Falguière, Ponts-Jumeaux, Lakanal, ou encore du collège Rosa Parks, prévenant du manque d’enseignants. Cela est la conséquence directe des budgets 2022, 2023 et 2024. Avec ce budget 2025 du pire, Bayrou récidive contre les parents d’élève et les syndicats d’enseignants. La FSU SNUIPP 31 estime à 900 le nombre de création de poste nécessaires pour garantir la continuité du service public de l’éducation dans le département.
La baisse du budget de la Culture a un goût particulièrement amer à Toulouse, à l’heure où l’emblématique théâtre du Grand Rond menace de fermer, faute de financements.
En Haute-Garonne, les associations sont mises en péril par les 2,2 milliards d’économies imposés aux collectivités territoriales par Bayrou, les subventions sont revues à la baisse. La mairie macroniste de Toulouse accompagne cette décision en gelant de 20% les subventions aux clubs sportifs et de 40% à toutes les autres associations.
La situation économique que nous traversons est le fruit des magouilles de Bayrou. Car nous avons voté une loi spéciale autorisant la reconduction du budget de 2024 pour une année supplémentaire – à l’unanimité ! Il signa donc deux circulaires en décembre dernier pour bloquer tous les versements de l’Etat, lui permettant ainsi de rédiger de nouvelles attaques sur la culture, la santé, l’éducation, le sport, le pouvoir d’achat…. Par exemple les réductions du pass culture ou la suppression d’embauches en service civique.
Il n’y a aujourd’hui que deux camps : ceux qui sont pour le budget, ceux qui sont contre le budget. Dès lors qu’on ne nous laisse ni l’examiner, ni le voter, nous n’avons d’autre choix que la censure pour nous y opposer. Et dans ce budget, comme dans ce gouvernement, il n’y a rien à sauver.


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