Depuis quelques mois, une poudre blanche appelée « Sniffy » est en vente libre dans les bureaux de tabac. Soi-disant énergisante, censée « booster » les consommateurs pour « accompagner leurs nuits », la poudre s’aspire par le nez avec une paille. Ce produit dangereux pour la santé (problèmes cardiaques, palpitations…) valorise un mode de consommation inspiré de la cocaïne. Alors, à quand l’interdiction de « Sniffy » ?
La question
M. Hadrien Clouet demande à M. le ministre de la Santé de préciser le plan d’interdiction des produits Sniffy.
Cette « poudre énergisante » censée « booster » le consommateur pendant une demi-heure, réservée aux majeurs, est vendue en accès libre chez les buralistes et disponible par Internet au prix de 14,90€ la boîte. Or, elle est prise par inhalation via une paille. Et ce, pour des substances dont la voie nasale n’est absolument pas la plus effective pour une assimilation. Il s’agit donc exclusivement de valoriser le mode de consommation inspiré de la cocaïne.
Les emballages de couleur vive et la variété des goûts (bonbon fraise, fruits de la passion…) constituent de clairs clins d’œil à l’univers des confiseries, visant un public jeune ou adolescent auquel il fournit une voie d’entrée dans les pratiques associées à la consommation de stupéfiants. Alors que les mineurs parviennent d’ores et déjà à se procurer régulièrement des produits théoriquement interdits à leur âge, cette démarche explicite est scandaleuse.
Pire encore, son argument de vente fait appel à des préoccupations sanitaires, prétendant améliorer la récupération physique après un effort, favoriser la vigilance et la vitalité ou contribuer à la prise de masse musculaire. Et ce, en dépit de contradictions évidentes dans l’argumentation marketing, puisque le site Internet précise que Sniffy « accompagnera la nuit »… mais que sa consommation simultanée avec de l’alcool ou « d’autres produits » est dangereuse.
En bref, les composants sont dangereux par effet de dose et effet cocktail. L’arginine, la caféine, la créatine, la L-citrulline, la beta alanine, la maltodextrine ou la taurine réunies peuvent susciter des problèmes cardiaques, des palpitations, des tremblements et des dégâts sur la cloison nasale. D’ailleurs, la présence de taurine vise exclusivement… à contrebalancer les effets secondaires anticipés d’une prise.
M. le ministre de la Santé a évoqué la piste de l’interdiction. Aussi M. Hadrien Clouet lui demande-t-il des précisions sur le calendrier retenu pour procéder à une telle interdiction et soulève l’opportunité d’un encadrement légal, qui éviterait des interdictions au cas-par-cas assurant plusieurs jours d’exposition médiatique aux producteurs.


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